Moussu Bouquétïn. Sculpture d'art singulier. Bois, papier-mâché, carton, acrylique. Hauteur 55 cm
Un bouquetin avait un fusil...
Un bouquetin avait un fusil...
Sculpture de bouquetin. Bois découpé, branches, papier mâché, acrylique. Hauteur 30 cm
Savoir redonner à la tradition alpine des bois découpés sa touche populaire. Jouer avec les formes entre art primitif et figuration singulière. Susciter l'idée de mouvement.
Mister Cinclus plus fort que Mister Broccoli. Sculpture en bois, carton, mousse polyuréthane, papier-mâché, peinture... Panneau avec écriture murale « lettrages Escartons ». Dimensions sculpture 42x42x42 cm
L'intitulé Mister Cinclus, d'abord associé à l'analogie Mister Magoo/Mâgou, mêlant le global au local, le media impérialiste à l'environnement, peut désormais se rapporter aussi au Mister Broccoli d'Arnaud Labelle-Rojoux. Une fois de plus, Mister Cinclus, l'oiseau des eaux d'en haut, vient se percher sur une niche culturelle pour tenter de te signifier quelque chose. Voilà longtemps que ce blog vante par ailleurs le travail d'Arnaud que Stéphane Simiand côtoya quelques années à l'école d'art d'Avignon vers 1993. À l'heure où l'exposition « Voyez-vous ça » s'affiche au MacVal du Grand-Paris, pour fêter le début de la délocalisation Pompidou, il nous faut revenir sur les tenants de cette œuvre.
Bien comprendre que l'artiste mondain parisien fit d'abord ses gammes de professeur dans des écoles d'art pour le moins orientées « éducation populaire » comme celles d'Avignon puis Dunkerque. Il y a 35 ans, Arnaud œuvrait plus là comme performeur que plasticien et ses frasques marquèrent durablement certains esprits. L'école d'art d'Avignon – sous l'impulsion de son directeur d'alors, Michel Steiner, et de quelques autres – tentait de valoriser le travail de jeunes parfois issus de milieux modestes. La confrontation avec l'œuvre d'Arnaud fut pour certains génératrice d'un véritable élan. Inversement le professeur pouvait récupérer des idées qui allaient nourrir durablement son travail plastique ; mousse polyuréthane et « lettrages Pierre P. »... Tu retrouveras sur le tableau de la Légende du Dragon de Saint-Véran (1995) quelques protagonistes de cette époque ; Arnaud en évêque de l'art, Pierre P. bien sûr – qui performa d'ailleurs une dernière fois à Beaubourg-Pompidou vers 1995 –, Stéphane, Magali G. dont le travail jeunesse angoumois sait aussi se nourrir désormais d'ambiances Villa muchacha... et Lee Chang H. l'actuel alibi sud-coréen d'Orlan. Nous pourrions en citer d'autres ; la « promotion Avignon » des années 1990 fut diverse et fameuse...
Quoiqu'on dise, les écoles suivantes où officia Arnaud, Avignon toujours – mais rue Violette, période bourgeoise Ferrari-Lambert – et surtout la Villa niçoise Arson, auront moins ce côté imprégnation populaire voire lorgneront davantage vers des promotions artistiquement stéréotypées. Ironie du sort, l'actuelle mostra mondaine Voyez-vous ça du MacVal aurait aussi, pour d'aucuns, au-delà d'une dynamique festive voulue pour le lancement de la délocalisation Pompidou, vocation à renouer des liens avec certaines classes sociales (quid d'ailleurs des décisionnaires du projet ? ...). En effet, plus que jamais, l'art officiel a besoin de sortir des polémiques d'installations pour le moins conceptuelles sans parler des discours complotistes qui veulent que l'art contemporain soit une invention mercantile de la CIA... Outre l'attrait pop, le travail d'Arnaud permettrait-il de démystifier ces mauvaises légendes urbaines ? En croisant ses vidéos, où l'artiste explique sa démarche, en découvrant son travail, on peut comprendre simplement certaines attentes culturelles. La sculpture Mister Broccoli (plus fort que Hulk) – précisément –, au delà du potache, reste une « référence » étrange sans nul doute liée aux seuls States beatniks. Cette œuvre traduit – à l'instar de nombreux artistes Fluxus dont Ben et Dupuis – un certain rêve d'Amérique brisé... Le syndrome Villa muchacha aurait-il encore frappé ? N'est pas Duchamp qui veut... D'autant que le MacVal n'est donc pas non plus Pompidou et – pour l'instant – les médias autorisés artistiques et nationaux semblent bouder la manifestation.
Voilà ce que, de son humble fenêtre d'en haut, dans sa simple recherche de la vérité, Mister Cinclus, plus fort que Mister Broccoli, tenait à partager avec toi. Cette analyse du développement de certains « héritiers » demanderait un article plus conséquent (Devis sur demande...). Mister Cinclus – cerise sur le gâteau – est l'ami de tous les oiseaux.
Ne nous y trompons pas, la « critique » sur ce blog artistique – même psychopompe à l'instar de Sibony se remémorant Sollers – reste une évaluation positive envers des personnalités imagées. Un bon mot pour chacun, pas de regrets et le regard positif résolument tourné vers l'avenir ; joie dans ton cœur... Il est des gens qu'à défaut d'adorer on n'arrive pas à détester. Mieux, la plupart des portraits présentés ici sont purement fictifs, comme cette Parisienne de carton pâte, d'autant que le character-design singulier autorise à préparer de bons pitchs.
Peu de gens le savent, parmi les héroïnes légendaires contemporaines des Alpes du Queyras, la Parisienne figure en bonne place. C'est Philippe Lamour qui, le premier, lança cette vedette dans sa revue-organe du « Courrier du Queyras » des années 1980. Faute de plumes, le grand Philippe, qui rédigeait déjà à lui tout seul 70% du trimestriel, s'amusait aussi à proposer des billets d'humeur sous pseudonymes dont « une Parisienne »... Outre son enthousiasme tout citadin pour la nature sauvage, celle-ci s'autorisait en sus des évaluations quant à divers changements de son goût pour ce si beau Queyras. Gageons que ces avis avaient le don d'irriter quelques vieux garçons ceillaquins à une époque où commenter la revue faisait office de réseau social... Au-delà de l'anecdote, si la Parisienne reste plaisante, c'est bien parce qu'elle suscite une dynamique (libidinale) rural/citadine. Nombre d'entre elles firent d'ailleurs localement « souche » et le Queyras d'aujourd'hui doit encore beaucoup à certaines. Nous pourrions même continuer la fiction...
Entrepreneuse, la Parisienne aura le don de dénicher les talents singuliers refoulés, les « diplômés » parfois dissimulés sous des uniformes saisonniers. Ne restez-pas dans cet état dira-t-elle, nous allons faire quelque chose de vous... Réussir à briser certaines gangues sociales. Outre le travail exposé sur les murs, les formations socio-montagne auront alors fonction réelle de revalorisation. Hélas, les temps seront beaucoup plus durs, ensuite, pour l'œuvre socio-culturelle de la Parisienne. Il est des chronologies édifiantes et non publiables – même en fiction – pour l'heure.
Sculptures en structure bois & papier mâché, boite de conserve, jusqu'à 30 cm de haut.
L'idée des installations Villa muchacha est de jouer avec différents volumes amusants qui, en compagnie des peintures et illustrations, viendront renforcer le thème de l'exposition. La fraise est ici un light motif – à l'instar de la coccinelle de Gotlib – qui agrémente les représentations des Villas. Les images deviennent kinesthésiques et, entre deux cuisinières pulpeuses, le produit de bouche labellisé ne fait pas tant écho aux holdings du moment qu'à des clins d'œil au marché de l'Art même. Toute une soupe, façon Campbell's.
Sculpture en papier mâché sur structure de bois et de carton. Peinture acrylique. Hauteur 56 cm. Octobre 2022
Mister Cinclus est un nouveau concept pour le thème Natura naturata, premier acte d'une petite série originale. Inspiré par le Cincle plongeur – cinclus cinclus –, l'oiseau reste une mascotte pour les amoureux de la nature sauvage. Mais que l'on ne s'y trompe pas, Mister Cinclus n'est pas un ressucé du célébrissime Mister Magoo – un malvoyant cartoonesque – qui aurait glissé tête en bas, tel un mauvais Dodo, dans une eau glauque afin d'éprouver sa nature animale ; celle du Mâgou occitan alpin… Son plastron lunaire blanc et ses reflets orangés sont trompeurs… En effet, plus que jamais, Mister Cinclus – excellent bio-indicateur – est un adepte des eaux froides, limpides et oxygénées, des montagnes d'altitude. Là, ce clairvoyant lucide parcours les fonds des eaux d'en haut à la recherche de trichoptères et de « perles » merveilleuses. Mister Cinclus est l'ami de tous les oiseaux.
Automne 2024 : comme souvent dans le travail de l'artiste singulier
Stéphane Simiand, des concordances arrivent plus tard en renfort de ses idées.
Redécouvrant la grande vague Naïads & Sirens des peintres XIXe,
notamment chez John William Waterhouse, le peintre s'étonne des curieuses
analogies avec son concept Mister Cinclus :
- Le masque de plongée est-il
aussi lunettes de réalité virtuelle ? Les Naïades de Waterhouse ont ce curieux
regard pensif et introverti de réalités intérieures subjectives...
-
Les Sirènes peuvent parfois être représentées par de gros oiseaux bruns à
têtes de femmes... Complexité du symbole Mister Cinclus à la
fois Hylas et Naïade...
- En quoi un travail – qui se
voulait au départ plutôt pédagogique sur les seuls milieux humides montagnards
– peut-il être « rattrapé » par certains thèmes oniriques ?
Des
tableaux sont réalisés cet automne pour concrétiser cette découverte et
agrémenter toute l'installation Mister Cinclus, l'ami de tous les
oiseaux.
Découverte
inattendue – la diaspora des indices du patrimoine a parfois du bon
– de trois supports qui permettent d'expliquer l'interprétation contemporaine d'Objets ethnographiques par la connaissance immatérielle populaire. Il ne
s'agit pas d'une collection apte à satisfaire les exégètes des
« tacoules » ni les correspondances savantes des
dialectologues. À l'instar de la méthode Durkheim, cette série de
trois – avec ses variations concomitantes – se suffit déjà à
elle même. Au-delà du sens commun, nous avons bien ici plusieurs
niveaux de lecture :
- Série de trois
Objets issus d'un même lieu de collecte ; un village d'une
vallée des Alpes du Queyras. Analyse des formes, hypothèses…
- Les lettres
identifiées d'individus qui renvoient à des Maisons familiales,
avec leurs anecdotes, donc à un premier patrimoine immatériel. Les
Objets sont « signés ».
- Trois individus
protestants ; seule la connaissance immatérielle permet
d'appliquer ce 3e niveau d'autant que rien ne différencie les mêmes Objets « catholiques ».
- Trois individus
membres d'une vieille caste locale de la vallée qui les différencie
des Protestants qui n'en sont pas mais pas des Catholiques qui en
sont… Cette connaissance cachée concerne une toute petite minorité de
personnes mais le sens peut être universel. Cet Ensemble de 3 Objets
devient il alors Symbole ? Chiffrage de cette Valeur…
L'interprétation publique s'arrête ici. C'est le silence qui désormais nous invite à une compréhension plus profonde des choses, à la recherche ontologique, voire au détachement.
Longtemps la saisonnalité montagnarde fut perçue comme précaire dans la continuité du « mille métiers, mille misères ». C'est oublier qu'elle permit aussi à certains individus — notamment des femmes — d'échapper à certaines conditions vers une autonomie et émancipation plus libre. Le « Droit de la Dame » des Troubadours actualisé surtout si cette réalité s'accompagnait de politiques responsables. Un bel objet d'art singulier à acquérir et — qui sait — cette saisonnière vous dira peut-être, à vous aussi, la chance qu'elle a d'être en votre compagnie.
Sculptures d'Oiseaux en papier mâché, bois, socle en récupération de métal. 35x18x28 cm pour le plus grand, le Geai des Chênes.
Pour bien comprendre une œuvre d'art singulier, il faut aller au-delà d'un premier jugement. Dans la continuité des « Contes pour Enfants », des codes convenus, savoir surtout si des objets nous transmettent simplement une part poétique du mystère de la vie. Que nous dit Trompette, la dynamique mésange charbonnière ? Que nous dit Dodo, le geai des chênes assoupi ? Ou plutôt, que nous dit leur rencontre improbable et complémentaire ?
L'observation et l'immersion dans la nature nous aident à mieux connaître le monde merveilleux qui nous entoure.
Quel peut être le lien entre l'art contemporain — Marcel Duchamp — et le revival de la sculpture sur bois des Alpes du Queyras ? Cette œuvre de pure conception associe de fait le travail précis d'au moins deux artisans du Queyras à un authentique tabouret de la Caserne des Passagers, l'antique école des Beaux-arts d'Avignon... Valoriser le savoir faire d'une région ; actualiser pour donner envie de venir, pour « toucher », pour faire tourner soi-même une roue de bonne fortune...
L'Ermite le long de la Durance. Sculpture d'art singulier. Papier mâché peint, bois, carton, laine. 60X40X30 cm.
Un Ermite — ou Hermite — sur son chariot amélioré, avec sa lanterne, se fait haler par son bouc — ou est-ce un bélier ? — vers une destination inconnue. Est-il pressé de mettre en forme le ressenti de ce qu'il espère ou craint ? D'après une légende d'un lieu, le long de la Durance, qui — pour l'instant — n'est pas donné.